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Emmanuel Macron, président français, a réclamé une régulation accrue des plateformes numériques après que Facebook (Meta) a refusé de retirer une vidéo générée par IA simulant un coup d’État militaire en France. Cette fausse séquence, visionnée plus de 12 millions de fois, a semé l’inquiétude jusqu’au sein de diplomates étrangers, dont un chef d’État africain qui a contacté Macron. L’incident, survenu les 16 et 17 décembre 2025, met en lumière l’impuissance des autorités face aux géants américains du numérique.
Détails de la vidéo deepfake et son impact viral
La vidéo, uploadée par un utilisateur nommé « ISLAM » sur Facebook, dépeignait un colonel s’emparant du pouvoir à Paris et évoquait potentiellement la destitution de Macron. Elle a rapidement cumulé 12 à 13 millions de vues avant une modération partielle. Une autre fausse vidéo attribuée à RFI, diffusée début décembre 2025, avait déjà dépassé 3 millions de vues. Meta a initialement jugé le contenu conforme à ses règles, n’ajoutant qu’une étiquette d’altération numérique ; la suppression n’a eu lieu que des heures après les déclarations publiques de Macron, lors d’une rencontre à Marseille avec des lecteurs de La Provence le 16 décembre.
Cet épisode a provoqué une alarme internationale. Un dirigeant africain a envoyé un message inquiet : « Cher Président, que se passe-t-il dans votre pays ? Je suis très préoccupé. » Macron a souligné comment cette désinformation a « inquiété même des diplomates étrangers », illustrant la vitesse de propagation des fake news, plus rapide que les rectifications.
Réactions et déclarations d’Emmanuel Macron
Macron n’a pas mâché ses mots : « Ces individus se moquent de nous. Ils ne se soucient pas d’un débat public sain ; ils raillent la souveraineté démocratique et mettent en danger notre sécurité. » Face au refus de Facebook – « Cette vidéo ne viole pas nos conditions d’utilisation » –, il a ironisé sur son propre pouvoir : « Je crois avoir plus d’influence que beaucoup… pourtant ça ne marche pas. Comme vous le voyez, nous ne sommes pas assez armés. » Il a pointé du doigt la domination des géants technologiques américains, soulignant l’inefficacité des interventions directes.
Ce coup de gueule s’inscrit dans une série d’initiatives. En novembre 2025, un conseil de défense a traité de la « guerre informationnelle » contre la propagande étrangère, comme les fausses allégations de 1 000 légionnaires français en Ukraine. Macron plaide pour une loi française permettant aux juges d’ordonner la suppression de contenus en 48 heures en cas de diffamation ou de préjudice.
Contexte réglementaire européen et tensions transatlantiques
L’Union européenne intensifie ses efforts via le Digital Services Act (DSA). Le 5 décembre 2025, X (ex-Twitter) a écopé d’une amende de 120 millions d’euros (140 millions de dollars) pour manquements à la transparence. Macron appelle à des interdictions de réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, inspirées de l’Australie, et à des poursuites contre les influenceurs pour diffamation.
Les réactions américaines sont vives. Mark Zuckerberg a annoncé en janvier 2025 la suppression de la plupart des vérifications factuelles sur Meta, invoquant des biais et cédant aux pressions de Donald Trump, réélu en novembre 2024. Trump a averti l’Europe « d’être très prudente » après l’amende sur X ; Marco Rubio, secrétaire d’État, y voit une « attaque » contre la tech américaine ; Elon Musk qualifie cela d’« insensé ».
Enjeux plus larges de la désinformation
Les plateformes liées à la droite américaine diffusent des narratifs trompeurs contre les gouvernements britannique, français et allemand. Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, la propagande moscovite amplifie ces risques. Macron vise des mécanismes judiciaires rapides pour bloquer les fakes viraux, reconnaissant que « la désinformation se propage plus vite que la vérité ».
Pressions géopolitiques et souveraineté numérique
Cet incident teste la crédibilité européenne face aux Big Tech. Macron dénonce une « moquerie de la souveraineté démocratique », appelant à un rééquilibrage. Des experts notent que les corrections peinent à rattraper les vues initiales, rendant les régulations urgentes.
Perspectives et implications futures
Macron pousse pour une législation nationale complémentaire au DSA, avec des blocages en 48 heures. Des débats agitent l’Europe sur l’interdiction des mineurs et les sanctions contre les diffuseurs. Tandis que Meta maintient ses politiques, les tensions transatlantiques s’accentuent sous Trump.
Cette affaire révèle les fractures du numérique mondial : entre liberté d’expression et protection démocratique. Pour la France, c’est un appel à l’action pour armer les États contre les deepfakes, préservant ainsi la confiance publique.
